Dans la famille des émotions "mal-aimées", je demande la "Peur"
La peur est sans doute l’émotion qui nous désarme le plus en tant que parents, car elle nous semble souvent « irrationnelle ». Pourtant, elle est le système de sécurité le plus perfectionné au monde.
« N’aie pas peur, il n’y a rien ! » : Pourquoi balayer les craintes de nos enfants est une fausse bonne idée
On a tous prononcé cette phrase, le doigt sur l’interrupteur, face à un enfant qui refuse de fermer l’œil. On veut rassurer, on veut prouver par la logique qu’il n’y a pas de monstre sous le lit ou que la rentrée scolaire va bien se passer.
Le problème ? La peur ne discute pas avec la logique. Elle parle le langage de l’instinct.
Et en essayant de l’éteindre trop vite, on risque de laisser l’enfant seul face à son propre système d’alarme.
La peur : Votre enfant est un petit survivant
Si l’être humain a survécu jusqu’ici, c’est grâce à la peur. C’est elle qui nous empêchait de caresser les tigres à dents de sabre il y a des millénaires.
Chez l’enfant, elle prend des formes variées mais toujours riches de sens :
- La peur du noir : Ce n’est pas l’absence de lumière qui effraie, c’est la perte de contrôle. Sans la vue, l’imaginaire prend le relais pour combler le vide. C’est le signe d’une imagination débordante et saine !
- La peur de la séparation : Que ce soit à la crèche , devant l’école, ou au moment du coucher, cette peur dit : « Tu es ma base de sécurité, sans toi, je me sens vulnérable ». C’est la preuve d’un attachement profond.
- La peur de l’inconnu : Un nouveau plat, un nouvel endroit, une nouvelle personne… C’est la prudence naturelle de celui qui analyse son environnement avant de s’y aventurer.
- Les peurs « symboliques » : La peur des masques, des clowns ou des bruits d’aspirateur… Pour un enfant, ce qui change d’apparence ou ce qui fait un bruit imprévisible est perçu comme une anomalie du système…
Pourquoi avoir peur est utile ?
La peur n’est pas un frein, c’est une préparation. Elle sert à :
- Éveiller la vigilance : Elle force l’enfant à être attentif à son environnement.
- Apprendre la prudence : Sans peur, on se mettrait en danger constamment. Elle est le premier cours de sécurité routière et de survie.
- Développer le courage : Le courage n’est pas l’absence de peur, c’est la capacité de faire les choses malgré la peur. Si on supprime la peur, on supprime l’occasion d’être courageux.
Le piège de la minimisation
Quand on dit « C’est ridicule d’avoir peur de ça », « Ce n’est rien… ça va passer « , « ,Sois courageux », l’enfant ressent une double peine : il a toujours peur, et en plus, il se sent anormal ou « bébé ».
L’info en plus : Le cerveau d’un enfant n’est pas encore assez mature pour distinguer parfaitement le réel de l’imaginaire (c’est ce qu’on appelle la pensée magique). Pour lui, le loup ou le monstre dans le placard est physiquement présent. Lui dire qu’il n’existe pas, c’est nier sa réalité physique.
Comment devenir un « allié » face à la peur ?
- Valider sans confirmer : « Je vois que tu as peur de ce chien. Il est vrai qu’il est grand et qu’il fait beaucoup de bruit ». On reconnaît l’émotion sans valider que le chien est forcément méchant.
- Donner du pouvoir à l’enfant : Au lieu de dire « il n’y a rien », demandez : « De quoi aurais-tu besoin pour te sentir en sécurité ? Une petite lumière ? Un doudou bouclier ? ». « Un câlin ? « , On passe de victime de la peur à acteur de sa sécurité.
- Apprivoiser par le jeu : Dessiner le monstre pour lui rajouter des fleurs ou une jupe ridicule, jouer à cache-cache dans la pénombre… Le rire est l’antidote naturel de la peur.
Le mot de la fin : Un enfant qui a le droit d’avoir peur est un enfant qui apprendra à s’écouter. Plutôt que de lui dire de ne pas avoir peur, montrons-lui que nous sommes là pour tenir sa main pendant qu’il traverse sa zone de turbulences.
Je peux aider ton enfant à appréhender sa peur et lui apprendre à la chasser.
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